L’épitaphe de Voltaire est la suivante : « Il combattit les athées et les fanatiques. Il inspira la tolérance, il réclama les droits de l’homme contre la servitude de la féodalité. Poète, historien, philosophe, il agrandit l’esprit humain et lui apprit à être libre. »
En réalité, esprit universel, d’une immense culture, Voltaire a laissé une œuvre gigantesque et inégale. Il existe donc de nombreuses façons de l’aborder. Chaînon brillant entre le XVIIe siècle et la Révolution française, son ironie et sa verve ne cessèrent de pourfendre l’injustice, l’intolérance et la bêtise. Ses combats de l’affaire Calas, celle du chevalier de La Barre, de Sirven, de Lally-Tollendal en témoignent assez. Dans sa lutte acharnée contre l’imposture sacerdotale du catholicisme et tous les despotismes, qui restèrent ses ennemis privilégiés, il ne cesse de faire appel à l’esprit critique, notamment en comparant les peuples entre eux, leurs sociétés, leurs religions, leurs modes de vie et leur histoire, ruinant les vérités absolues, les traditions acceptées sans examen, les révélations, les mythes, les fables, les « chimères » dont est encombré l’esprit humain. Sa fréquente référence au monde oriental se retrouve ainsi au cœur de son activité critique, plus profondément, et parfois plus agressivement que Montesquieu ne le fit avec ses
Lettres Persanes.
Ce premier volume regroupe les textes relatifs à l’Empire Ottoman, grande puissance de son époque, et au monde arabe, dont il fait saillir les traits lui permettant d’instruire le procès de l’intolérance, de l’ignorance et du fanatisme où qu’ils se manifestent, y compris et singulièrement au cœur de la vieille Europe. Il comprend en particulier la première réédition française depuis le XVIIIe siècle de la pièce de théâtre Mahomet ou le fanatisme.
Préface de Faruk Bilici
Historien, spécialiste d’histoire ottomane et de la Turquie contemporaine. Né en 1948, Faruk Bilici a été chercheur à l’Institut Français d’Études Anatoliennes d’Istanbul / Georges Dumézil, et maître de conférences à l’Université de Marmara (Istanbul) en détachement. Faruk Bilici est aujourd’hui maître de conférences habilité, qualifié professeur des universités à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Inalco) où il enseigne les langues et l’histoire ottomanes et turques. Ses recherches portent essentiellement sur le monde ottoman des XVIe-XVIIIe siècles, et sur les relations franco-ottomanes.
Le volume comprend :
Préface
Avis à tous les Orientaux (1767)
De l’horrible danger de la lecture (1730)
Dictionnaire philosophique (1764) :
Alcoran, ou plutôt Le Coran
Alexandrie
Alger
Amazones
Anthropomorphites
Apis
Arabes, et, par occasion, du livre de Job
Arot et marot et courte revue de l’Alcoran
Circonscision
Croire
Climat
Femme
Généalogie
Gloire, glorieux
Gouvernement
Job
Joseph
Livres
Mahométans
Maître
Nécessaire
Sens commun
Tolérance
Lettre civile et honnête… (1760)
Epitre écrite de Constantinople aux frères (1768)
Azolan, ou le bénéficier (1764)
Essai sur les mœurs et l’esprit des nations (1753) :
De l’Arabie et de Mahomet
De l’Alcoran et de la loi musulmane
Puissance des musulmans en Asie et en Europe aux VIIIe et IXe siècles
De l’Orient au temps des croisades, et de l’état de la Palestine
De la première croisade jusqu’à la prise de Jérusalem
Croisades depuis la prise de Jérusalem
De Saladin
Les croisés envahissent Constantinople
De la prise de Constantinople par les Turcs
Entreprise de Mahomet II, et sa mort
État de la Grèce sous le joug des Turcs…
De l’empire ottoman au XVIe siècle
Des côtes d’Afrique
Du royaume de Fez et de Maroc
De l’empire ottoman au xviie siècle
Progrès des Turcs. Siège de Vienne
Le fanatisme, ou Mahomet le prophète (1741)
Le crocheteur borgne (1746)
Examen important de Milord Bolingbroke (1776)
Un volume de 229 pages format 15 cm x 21 cm