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Paul Henri Thiry D’Holbach
THÉOLOGIE PORTATIVE
ou Dictionnaire abrégé de la religion chrétienne

Référence : 9782849670367
Disponible : oui
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La Théologie portative est un petit dictionnaire attribué officiellement de façon malicieuse à l’abbé Bernier, mort au moment de la parution, dans lequel D’Holbach brocarde avec humour et causticité la religion chrétienne, sorte de « dictionnaire des idées reçues » composé par « le premier philosophe ouvertement athée de l’histoire de la philosophie française », comme l’écrit Michel Onfray dans son Traité d'athéologie.
Ce petit ouvrage décapant représente un moment savoureux de la « Révolution avant la Révolution », annonçant la libération alors prochaine de la dictature religieuse. Parue clandestinement en 1768, la Théologie portative circulait dejà à Paris en août 1767 : D’Alembert demande le 14 à Voltaire s’il l’a lue. Le 15 août la Correspondance littéraire signale sa rareté. Le 22, D’Alembert précise à Voltaire que les exemplaires viennent de Hollande et le même jour Voltaire en réclame un exemplaire à Damilaville. Diderot signale la Théologie portative à Sophie Volland le surlendemain, et les Mémoires secrets de la République des Lettres de Bachaumont la signalent le 29 octobre. D’Holbach n’en parle que le 10 décembre dans sa lettre à Wilkes pour dire qu’elle est introuvable à Paris et qu’on a plus de chances peut-être de la trouver à Londres.
La Théologie portative fut dénoncée devant le parlement de Paris le 16 février 1776 et condamnée à la lacération et au bûcher.
Voltaire nous apprend dans sa correspondance de 1767 : « Depuis trois mois il y a une douzaine d’ouvrages d’une liberté extrême imprimés en Hollande. La Théologie Portative n’est nullement théologique, ce n’est qu’une plaisanterie continuelle par ordre alphabétique ; mais il faut avouer qu’il y a des traits si comiques que plusieurs théologiens mêmes ne pourront s’empêcher d’en rire. »
D’Holbach, et probablement aussi son secrétaire Naigeon, y manient en effet avec vigueur l’arme voltairienne par excellence : l’ironie. Feignant de défendre le christianisme, ils le raillent avec mordant et dévoilent avec vigueur et drôlerie les ridicules de la superstition religieuse. Cependant, sous l’aspect frondeur et les brocards, sous l’humour et l’ironie, c’est le bon sens, l’intelligence et la raison qui sont à l’oeuvre, revendiquant tolérance, mesure et liberté de penser.

AMOUR ~ Passion maudite que la Nature inspire à un sexe pour l’autre, depuis qu’elle s’est corrompue. Le dieu des chrétiens n’est point galant, il n’entend point raillerie sur le fait de l’amour. Sans le péché originel les hommes se seraient multipliés sans amour et les femmes seraient accouchées par l’oreille.

CARCASSE ~ Voyez Sorbonne.

DOCTRINE ~ C’est ce que tout bon chrétien doit croire sous peine d’être brûlé, soit dans ce monde soit dans l’autre. Les dogmes de la religion sont des décrets immuables de Dieu, qui ne peut changer d’avis que quand l’Église en change.

ÉDUCATION CHRÉTIENNE ~ Elle consiste à faire contracter dès l’enfance aux petits chrétiens l’habitude salutaire de déraisonner, de croire tout ce qu’on leur dit, de haïr tous ceux qui ne croient pas ce qu’ils croient. Le tout pour former à l’État des citoyens biens sensés, bien raisonnables, bien tranquilles, et surtout bien soumis au clergé.

IMMATÉRIEL ~ C’est ce qui n’est point matériel, ou ce qui est spirituel. Si vous voulez quelque chose de plus, adressez-vous à votre curé, qui vous prouvera que Dieu est immatériel, que votre âme est immatérielle. Si votre esprit trop matériel n’y comprend rien, attendez que la foi vous vienne, ou craignez que votre esprit bouché ne soit un jour matériellement ou spirituellement grillé pour avoir été trop matériel.

VÉRITÉ ~ Il y en a de deux espèces : l’une est humaine, et l’autre est théologique ou divine. La première ne convient point au clergé, par conséquent elle est fausse ; la seconde lui est utile, par conséquent elle est vraie. La vérité utile et vraie est toujours celle qui convient à nos prêtres.

Ce volume est le n° 3 des œuvres complètes du baron D’Holbach en édition de poche,
avec illustrations en noir et blanc.
 
Un volume de 167 pages format 11 cm x 18 cm
(Titre en voie d’épuisement)

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