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BENJAMIN CONSTANT
Discours à la Chambre des députés tome 1


Référence : 978-2-84967-093-4
Disponible : oui
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« Il était un de ces hommes rares qui fourbissent, polissent, aiguisent les idées générales de leur temps, ces armes des peuples qui brisent toutes celle des armées. » Victor Hugo

« C’est un homme de grand talent, il est fort de raisonnement. » Napoléon

« C’était un homme d’un esprit supérieur. Il combattit toujours sans récompense : ce que j’estime. » Alfred de Vigny

« Benjamin Constant, l’homme qui a eu le plus d’esprit depuis Voltaire. » Chateaubriand

« Sa carrière de grand parlementaire et de grand journaliste est connue. On y voit même maintenant le centre et la dignité de sa vie. Il était devenu sous la Restauration l’idole du peuple français. Cet esprit mobile, infidèle à tous les régimes comme à toutes ses maîtresses, est toujours resté fidèle à la cause de la liberté. Nous savons aujourd’hui que sans les libertés formelles dont il affirmait la primauté, les libertés réelles deviennent vite illusoires. En ce sens, il est plus moderne que ses successeurs. » Alfred Fabre-Luce

Extraits du tome 1

« La raison est pour chacun ce qu’il pense : si la majorité ne veut entendre que des choses raisonnables, elle n’écoutera qu’elle-même. Raisonner juste est un avantage mais raisonner faux est un droit, et les hommes sont bientôt privés du droit de raisonner juste lorsqu’ils n’ont pas celui de raisonner faux. »

« Pour être l’agent du pouvoir, et surtout du pouvoir discrétionnaire, ce n’est pas du talent qu’il faut : il suffit d’avoir une certaine intelligence subalterne que l’on trouve même dans des créatures autres que les hommes, une certaine sagacité de police qui est au moral ce qu’est au physique l’odorat. MM. les ministres trouveront facilement des censeurs doués de cette qualité, la seule nécessaire. Ils les trouveront dans les garde-meubles impériaux, qu’ils connaissent beaucoup mieux que vous et moi. »

« Nous ne sommes pas ici pour examiner si nous importunons les ministres : nous sommes ici pour préserver les contribuables de l’importunité des dilapidations. »
 
« Ne prenez pas ici l’effet pour la cause : n’attribuez pas aux écrits irréligieux la décadence de la religion. Les écrivains représentent leur siècle et ne le forment pas ; ils en sont les organes et non les instituteurs. »
 
« Au nom de l’humanité, dans cette cause où toutes les distinctions de parti doivent disparaître, unissez-vous à moi pour réclamer la loi que le ministère nous avait promise. […] Quand on a demandé à M. le ministre ce que l’on faisait des Nègres confisqués au Sénégal, il a répondu qu’ils devenaient la propriété du gouvernement et se livraient aux travaux de la colonie. À travers cette expression si douce, Messieurs, une vérité perce : c’est que malgré les promesses, les traités, les ordonnances royales, la traite se fait au profit du gouvernement ; il recueille le sanglant héritage des criminels qu’il frappe, et les Nègres, enlevés à leur patrie au mépris des lois, deviennent esclaves. »
 
« Toute révolution est terrible, tout nouveau gouvernement est dur et vexatoire : l’expérience le dit, les peuples le savent. »

« J’ai l’horreur des révolutions : elles immolent les individus, elles dénaturent les caractères, elles corrompent la morale, elles mettent des devoirs factices à la place des devoirs réels, elles substituent une force aveugle à la force de la raison et à celle de la loi, elles pervertissent la justice, elles attentent aux droits de chacun : et quand la justice est violée, les droits foulés aux pieds, les vertus proscrites ou abjurées, il m’est fort égal que cet exécrable système ait pour étendard la liberté, qu’il déshonore, ou le despotisme. J’aime mieux même que la liberté n’y soit pour rien parce que je gémis de la voir souillée. »
 
« Le principe de la censure est contraire à l’essence de notre gouvernement, il est contraire à la lettre de la Charte, il est contraire à des droits qui ont précédé la Charte elle-même, à des droits naturels qui ne sont jamais une concession. Il est contraire aux intérêts des individus qu’il livre à l’arbitraire et dépouille de tout moyen de réclamation ; il est contraire aux intérêts de l’autorité, contre laquelle il soulève tous les ressentiments et qu’il prive de toute lumière. Appliquée aux journaux, la censure est absurde, parce que les journaux sont une arme, et qu’elle met cette arme entre les mains de ceux qui ont le plus d’intérêt à en abuser. La publicité est la ressource de l’opprimé contre l’oppresseur, et c’est à l’opprimé que vous l’enlevez ; et c’est à celui qui, à chaque instant, peut devenir oppresseur que vous en livrez le monopole. »
 
« Je me bornerai à vous demander, en admettant que la morale publique soit la religion, ce que signifie le mot d’outrages dans un pays où la liberté des cultes est reconnue. Dire qu’une religion est fausse, sera-ce l’outrager ? Et cependant, partout où la liberté religieuse existe, elle implique le droit pour chacun de dire que sa religion est la seule vraie. Restreindrez-vous la morale publique aux principes généraux communs à toutes les religions  ? Vous allez faire des tribunaux une arène de métaphysique. »

« Que les ministres de la religion, sans recourir à l’appui toujours grossier, toujours maladroit, du pouvoir temporel, la fassent respecter en se faisant respecter eux-mêmes : qu’ils soient religieux, paisibles, tolérants, qu’ils restent dans leur sphère, qu’ils fassent du bien dans leur domicile, qu’ils ne rallument point des haines éteintes et ne ressuscitent pas des superstitions déchues. Qu’aucun d’eux ne s’élance dans une carrière vagabonde et désordonnée, parcourant les campagnes, trompant les crédules, effrayant les faibles, portant la division dans les familles, le scandale dans les hameaux, l’ignorance dans les écoles, le trouble dans les cités. »

« Ne créons pas des indigents en ruinant les contribuables, et ne nous réduisons pas, en multipliant les pauvres par les taxes, à avoir aussi une taxe pour les pauvres. »

« La responsabilité des articles injurieux insérés dans les journaux doit retomber sur le ministère et non sur les censeurs ; car ces censeurs, pris parmi les employés du ministère, parmi ces hommes qui se pressent toujours à la suite du pouvoir et qui écrivent tout ce que l’on voudra pourvu qu’on les salarie — on ne les soupçonnera certainement pas d’indépendance. »

« Un gouvernement est d’autant plus despotique qu’il a plus les formes de la liberté et que dans la réalité cette liberté n’existe pas. Malheur au pays où l’on voit le ministère dans la minorité de la nation ! »

Texte établi par Jean-Pierre Jackson
Un volume de 341 pages au format 15 cm x 21 cm
Tirage très limité



Attention ! Cette édition n'est pas un fac-simile (plus ou moins médiocre) d'éditions anciennes. Le texte a été entièrement ressaisi et annoté, l'orthographe et la ponctuation ont été modernisées.

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